Raymond Domenech

En ce lendemain de défaite, nous avons décidé de tenter une expérience risqué et délicate: nous faire l'avocat de Raymond Domenech. Comme tout défenseur qui se respecte nous allons d'abord chercher à orienter les soupçons vers un autre coupable. Et là, c'est facile, les coupables tout désignés, ce sont les joueurs. Si la France ne joue pas bien, c'est parce que les joueurs ne jouent pas bien car ce sont eux qui sont sur le terrain, Domenech lui ne fait que gesticuler sur le bord de la pelouse. Nous tenteront un effet de manche ( paraît que c'est comme ça qu'on dit quand un avocat brasse du vent ) en indiquant que les joueurs n'ont pas appliqué les consignes de l'entraîneur et que s'ils l'avaient fait, ils n'auraient probablement pas perdu.
Une fois cet autre coupable désigné et accablé, il nous reste à défendre le Raymond à proprement parlé. Nous rappellerons pour mémoire, le parcours des Bleus en 2006 avec à leur tête le même Domenech et la presque victoire finale. Car oui, ne l'oublions pas nous sommes vice-champion du monde en titre. Au moins pour quelques jours encore. Et que dire de la tentative de convaincre Gonzalo Higuain de choisir l'équipe de France au détriment de l'Argentine. Si ça avait marché, elle aurait une autre gueule notre attaque ! Il en a mis des buts contre la Corée du Nord. Et la sélection de Ribéry en 2006 ? C'était un coup de génie, non ?
Oui, il a parfois énervé les journalistes par ses attitudes hautaines, ses remarques et son sens de la communication discutable mais c'était pour protéger les joueurs en focalisant l'animosité sur lui. Oui, il a demandé Estelle en mariage au lieu de commenter la défaite et l'élimination des Bleus au dernier Euro mais c'est un romantique ! Et qui dit qu'avec les joueurs dont il dispose, un autre aurait fait mieux ? Et regardez les autres grandes nations du foot, elles n'ont pas tant brillé que ça. L'Espagne a perdu contre la Suisse, le Brésil a peiné pour battre la Corée du Sud, l'Angleterre a été tenu en échec...
En conclusion, notre client, monsieur Domenech n'est pas un mauvais bougre, il s'est construit un rêve qu'il a touché de si près en 2006 qu'il en a perdu la raison, qu'il s'est fendu d'un optimisme certes démesuré mais finalement le pari qu'il a fait, il l'a fait avec les joueurs et ne l'a-t-il pas perdu à cause d'eux ? Lorsqu'on gère des professionnels, est-ce à l'entraineur de leur apprendre l'amour du maillot, la fierté de le porter et l'envie de gagner. N'est-ce pas une faute professionnelle quand un joueur abdique alors qu'il reste une demi-heure pour égaliser et qui sait gagner ? Alors quand 10 le font -exception faite de Lloris- le capitaine du navire est-il le seul responsable du naufrage ?

La côte de Raymond Domenech: noter le sélectionneur !